Hebdo 25 Haut-Doubs


Des routiers bien imprudents.

  • Après de heures de conduite, les chauffeurs routiers doivent pouvoir se reposer dans des conditions décentes.
  • Après de heures de conduite, les chauffeurs routiers doivent pouvoir se reposer dans des conditions décentes.
La DREAL a mené une enquête auprès des routiers et les conclusions ne sont pas rassurantes.

Le lundi 21 mai 2018 en fin d’après-midi, les contrôleurs des transports terrestres de la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement ) Bourgogne-Franche-Comté, assistés des gendarmes du Peloton Motorisé de Besançon, ont mené une opération de contrôle sur l’aire de repos de Marchaux – Autoroute A36. Au cours de cette opération, une trentaine de conducteurs ont pu être contrôlés. 11 d’entre eux étaient en infraction à la réglementation sociale européenne pour « Prise de repos hebdomadaire normal à bord de véhicule de transport routier ». Ces infractions ont donné lieu à la perception d’un peu plus de 8 500 euros.

Pourtant, la loi en la matière est très claire : un règlement européen sur les temps de conduite et de repos prévoit l’obligation pour les conducteurs routiers de prendre au cours de 2 semaines consécutives, au moins 2 repos hebdomadaires normaux (d’au moins 45 heures) ou un repos hebdomadaire normal et un repos réduit (d’au moins 24 heures). Ce repos hebdomadaire normal ne peut être pris à bord du véhicule, mais doit l’être dans un lieu adapté au repos des conducteurs (hôtel, hébergement en dur...). Bien souvent défrayés pour ces hébergments, les chauffeurs routiers préfèrent économiser cette prime en dormant dans leurs véhicules, ce qui est interdit. Mais la loi de juillet 2014, appelée loi Savary prévoit des amendes conséquentes aux chauffeurs et entreprises ne respectant pas les règlements. Ainsi, les chauffeurs prenant leur repos dans leur véhicule peuvent se voir infliger une amende allant jusqu'à 1500€. Quant aux entreprises ne respectant pas dans leurs plannings le temps de repos nécessaire à leurs salariés, elles commettent un délit passible d'un an d'emprisonnement et 30 000€ d'amende.

Au travers de leurs contrôles les agents de la DREAL poursuivent donc cette volonté nationale et européenne de combattre le dumping social toujours très présent dans ce secteur d’activité ; le contournement de ces réglementations étant favorisé par une mobilité accrue de travailleurs détachés venant prester pendant plusieurs mois en dehors du lieu d’implantation de leur entreprise, sans toutefois bénéficier de conditions de travail et d’hébergement acceptables, et sans retour régulier au domicile, permettant ainsi des salaires très inférieurs aux salaires des conducteurs des entreprises françaises.


Twitshot
Commentaires

Pas de commentaire



Les journaux partenaires

© -2018 Hebdo 25 Haut-Doubs • Tous droits réservés • Réalisation : Jordel Médias
Plan du siteMentions légales