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Les maitres du temps

  • Nombreuses fabriques et manufactures se sont installées tout en conservant la tradition du travail à domicile.
  • Nombreuses fabriques et manufactures se sont installées tout en conservant la tradition du travail à domicile.
  • Les horlogers travaillaient souvent en famille (ici les frères Gentit à Maiche)
A l’heure où les cadrans solaires laissaient peu à peu place aux horloges, la Franche-Comté s’est imposée dans ce domaine d’activité à force de travail et d’ingéniosité, de minutie et d’abnégation pour développer un remarquable savoir-faire.

Les horloges ont d’abord fait leur apparition sur les bâtiments publics puis les églises avant de se démocratiser peu à peu pour entrer dans les foyers comme ensuite les montres au XVIIIème siècle. Une époque où les microrégions franc-comtoises vont se spécialiser au gré des installations, à l’instar de celle de Mégevand et de ses compatriotes suisses à Besançon: on va ainsi fabriquer les grosses horloges  des frères Mayet notamment du côté de Morez et Morbier, les ébauches de montres à Beaucourt avec Japy, les clés de montres dans la vallée du Rahin. Et bien sûr le Haut-Doubs horloger qui va très vite s’imposer grâce…aux paysans.

 

De l’empirisme à l’industrie de pointe

Dans les vastes fermes comtoises, du plateau de Maiche au val de Morteau, les paysans passaient leur temps durant les longs hivers à travailler pour les manufactures horlogères. Un complément de l'activité agricole qui s’avérait économiquement indispensable. Les ateliers étaient établis sur la fenêtre selon l’expression, là où des tables en trèfle accueillaient souvent autant les adultes de la maison que les enfants qui en profitaient pour apprendre sur le tas.

Leur travail était empirique, chaque horloger inventant ses outils et gardant jalousement tant ses méthodes que le nom de ses clients pour ne pas risquer d’être rattraper par les voisins et concurrents. Ces petites mains offraient à leur employeur une ingéniosité remarquable alliée à ce que les économistes appellent aujourd’hui la flexibilité qui permettait déjà d’ajuster la production.

Très vite, le développement de l’activité entraine une véritable spécialisation par village : Aux Gras on fabrique les outils des horlogers, à Villers-le-Lac les chaines de roues et balanciers, à Damprichard les boites de montres, à Maiche les pierres rubis, à Charmauvillers les cylindres…

Une industrie qui a longtemps prospéré, connaissant son âge d’or après la seconde guerre mondiale avant de plonger dans une crise due à l’arrivée du quartz. Aujourd’hui heureusement, en France comme en Suisse voisine, l’horlogerie a retrouvé ses lettres de noblesses et son dynamisme. Le Locle et La Chaux-de-Fonds sont même entrées au patrimoine mondial de l’UNESCO tandis que côté France existe un « pays » baptisé Horloger dont le nom sonne comme un hommage à ce savoir-faire qui a forgé l’histoire de ce territoire.


Deux musées en pays horloger

Le musée de la montre de Villers-le-Lac propose un voyage dans le temps à travers cinq siècles d'histoire. Une visite guidée qui présente les grandes époques de la montre de ses origines en 1500 jusqu'à nos jours, les mille outils des paysans horlogers et leurs machines, l'atelier des montagnons avec dix automates grandeur nature et enfin un film sur la fabrication des montres.

A Morteau, dans le magnifique écrin du château Pertusier, le Musée de l'Horlogerie offre quant à lui une orientation plus technique vers le travail des anciens artisans horlogers, extrêmement ingénieux, véritables orfèvres de la mécanique qui inventaient leurs propres outils dans les ateliers familiaux du siècle dernier.


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