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Tradition : Le mariage

  • Le mariage unit deux individus mais aussi deux familles et crée un nouveau foyer dans la communauté villageoise.
  • Le mariage unit deux individus mais aussi deux familles et crée un nouveau foyer dans la communauté villageoise.
Libérés de leurs obligations militaires ou épargnés par le sort, les jeunes francs-comtois pouvaient alors songer à se construire une vie de famille. Créer un nouveau foyer au village, dans le respect des traditions. Se fiancer d’abord, se marier ensuite.

Le rituel des fiançailles est très important pour la communauté villageoise puisqu’il implique la création d’une nouvelle cellule familiale, mais c’est néanmoins avant tout un évènement privé entre deux familles, pour rendre officielle une relation entre deux jeunes gens qui se fréquentent. En tout bien tout honneur évidemment et sans concubinage, une pratique à l’époque inconnue dans la région. Après plusieurs rencontres pour connaître les biens apportés par chacun, l’officialisation des fiançailles se fait autour d’un bon repas. Vient alors l’annonce faite, par les fiancés qui se rendent en personnes dans les maisons de ceux qui seront invités à la noce. Pas besoin de faire-part à l’époque !

 

Plaire à la mariée…et à la communauté !

 

Après les fiançailles et jusqu’aux cérémonies civiles et religieuses, la communauté villageoise s’empare de l’évènement, surtout la jeunesse locale, dépositaire et protectrice des traditions, et au-delà même…En effet, on peut aussi parler de protection des intérêts villageois quand par exemple une jeune  fille de la localité va prendre pour mari un jeune du village voisin. C’est une menace possible pour l’équilibre existant notamment quant à l’affouage, au pâturage, au remembrement. Il faut donc compenser sous une forme d’apparence festive, souvent un banquet offert par le futur marié, ce qui ressemble quand même beaucoup à un droit d’entrée. L’étranger au village est accepté, ou disons plutôt toléré.

 

Viennent les jours de fête de la noce. Deux ou trois en général, durant lesquels les convives n’hésitent pas à multiplier les brimades et jeux pour connaître le degré de patience des mariés. Un avant-goût des joies du mariage diront les pessimistes…Le rituel de la jarretière passé, il est temps d’entrer dans la nouvelle maison. A l’époque, c’est souvent celle des parents du marié. La jeune épouse a donc la joie d’être accueillie par la belle-mère qui voit s’installer une possible rivale. Les relations qui s’ensuivent sont fonction des caractères de chacune. Enfin, n’oublions pas l’aspect religieux du mariage où il est de bon ton de donner une messe en hommage aux défunts des deux familles. De même, les cadeaux et étrennes aux mariés font partie des traditions.

 

Le non respect de ces rites quasi-initiatiques est grave et sanctionné par la communauté villageoise. Les jeunes, toujours eux, forment alors un cortège bruyant et protestataire qui va s’efforcer d’obtenir le repentir des époux. Et un bon repas en guise de bonne volonté. Un joyeux charivari, suffisamment appuyé pour être toujours efficace et montrer qu’une fois de plus, la sphère privée était sinon restreinte, tout au moins encadrée dans la vie des comtois autrefois et ce tout au long de leur existence.


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