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TRADITION: Les hommes du bois

  • Activité principale ou complémentaire, l'exploitation forestière est toujours très présente dans l'économie locale.
  • Activité principale ou complémentaire, l'exploitation forestière est toujours très présente dans l'économie locale.
Très présente dans la région où près de la moitié de la surface est boisée, la forêt fournit à l’homme un matériau noble qui se mérite. L’exploitation du bois est en effet un métier difficile que les bûcherons d’antan exerçaient souvent de façon complémentaire, étant paysan à la belle saison et occupés sur leurs parcelles d’affouage l’hiver.

Principal moyen de chauffage des foyers franc-comtois des siècles passés, le bois a par ailleurs une place particulière dans l’économie familiale et villageoise avec le système communautaire de l’affouage. Le bois est également l’indispensable matière première de nombreux petits artisans qui font partie de la culture ou, osons même dire, de l’identité régionale. Depuis l’instauration du code forestier au XIXème siècle, la gestion de la forêt a permis une optimisation de cette ressource dans laquelle les bucherons se sont trouvés en première ligne, étant le premier maillon de la chaine, en charge de l’abattage.

 

Travailler et vivre en forêt

Les plus anciens se souviennent des gestes spécifiques de l’abattage : un rituel dangereux et donc nécessairement précis. Cette délicate opération demandait aux professionnels qu’étaient ces bûcherons de l’adresse, de la justesse et un bon coup d’œil. Il fallait déjà préparer la pace où l’arbre allait s’étaler au sol. D’abord l’inciser à la base en prenant soin de calculer l’angle et donc la direction voulue et au final s’affairer en utilisant la cognée et le passe-partout manipulé par deux hommes, un genou à terre. Un craquement impressionnant précédait le bruit sourd de la chute qui faisait trembler la terre sous les pieds des bûcherons.  Avant de le sortir de la forêt, l’arbre subissait un équarrissage pour le débarrasser de ses branches.

Puis, ces grumes étaient sorties grâces aux débardeurs relayés ensuite par les voituriers aidés de leurs bœufs ou de chevaux comtois. Aujourd’hui bien sûr, ces traditions ont disparu et les engins de plus en plus perfectionnés minimisent la place de l’homme au cœur de nos forêts. Sauf quand des passionnés osent réinvestir les lieux avec leurs solides comtois pour démontrer que le débardage à l’ancienne est non seulement plus respectueux de la nature mais aussi qu’il a peut-être encore une viabilité économique.

Et rendre aussi à la forêt un peu de son âme comme à cette époque révolue où en forêt de Chaux par exemple, on recensait 500 habitants permanents qui y avaient élu domicile, parfois en famille. En vivant au cœur même de cet espace dont ils tiraient leurs revenus.


Convois dangereux

Le bois coupé, entraient alors en scène les débardeurs chargés de le sortir de la forêt à l’aide de lourdes chaines accrochées à des chevilles puis, un personnage à part dans la chaine de l’exploitation forestière, le voiturier. Une tâche difficile que celle qui consiste à prendre en charge des grumes pouvant atteindre 45 mètres de long. Autant dire que ce professionnel devait faire preuve de beaucoup de délicatesse pour mener son attelage vers les scieries ou pour une nouvelle étape assurée sur les rivières, la Loue notamment par les radeliers. Une difficulté qui donnait de la noblesse à cette fonction de voiturier et que l’homme devait accomplir avec sérieux pour ne pas causer de dégâts dans les villages traversés et mettre sa vie et celles des passants en danger !


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