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Une conférence forte pour un devoir de mémoire indispensable.

  • Bernard Bouveret, ici en compagnie de Kenza.
  • Bernard Bouveret, ici en compagnie de Kenza.
  • Kenza, Manon et Inès.
Bernard Bouveret a 94 printemps et a vécu le pire dans les camps concentration.

A le voir ainsi, droit comme un "i" et vaillant en dépit de son âge respectable, il est difficile de croire que la vie de Bernard Bouveret fut marquée par l'horreur des camps de concentration. Son témoignage, bouleversant et poignant, a ému les lycéens des Augustins qui ont eu l'opportunité de l'entendre de vive voix le 15 mai dernier, sans doute pour la dernière fois, en raison de la fatigue du nonagénaire.

Cette conférence a été organisée dans le cadre du programme d'histoire-géographie de première, sous la houlette de Monsieur Courtois, professeur de musique et monsieur Faivre, professeur d'histoire-géographie. Tous deux connaissaient monsieur Bouveret et avait à cœur de le faire évoquer ses souvenirs aux élèves du lycée, afin de les confronter à la réalité de cette terrible guerre, sous les traits d'un véritable résistant.

En effet, Bernard Bouveret a suivi son père dans la résistance contre l'invasion allemande dans le réseau appelé "Roue Libre". En plus d'actions de sabotage menées à l'encontre des nazis, le réseau avait une action de "passeurs" et a ainsi sauvé de nombreuses familles juives. Mais en 1944 le réseau est démantelé et ses acteurs, dont Bernard et son père, Jules, ont été déportés à Dachau, en juin 1944. Ce sont ces années sombres qu'il accepte de dévoiler chaque année, face à des jeunes gens qui ne connaissent la guerre qu'à travers leurs livres d'histoire, mais sans vraiment en saisir tout ce que cela impliquait.
Pour Kenza, Inès et Manon, trois élèves de première, ce fut une rencontre très intense. « Ce qui est vraiment intéressant, c'est de pouvoir poser des questions à un homme qui a survécu à la déportation. C'est très émouvant », confesse Inès. Manon, quant à elle, souligne son incroyable force mentale et nous fait part d'une anecdote que Bernard a évoquée : « Il entendait voler les avions anglais au-dessus du camp. Pour lui, c'était un signe d'espoir, la preuve qu'ils n'étaient pas oubliés. Cela réussissait à lui remonter le moral. Mais à l'inverse, les jours sans avions étaient des jours beaucoup plus difficiles que les autres. » Kenza renchérit : « Il pensait ne rester que quelques mois sur Dachau, ce qui l'a aidé au départ. Mais quand il a vu les semaines s'allonger de plus en plus, cela a été dur mentalement. » Les trois jeunes filles, d'une même voix, soulignent l'importance de concrétiser ce qu'elles peuvent lire dans leurs livres. C'est pour elles, et leurs camarades, une véritable leçon de vie et de courage. « Il a évoqué les violences et les humiliations quotidiennes au camp, les pendaisons régulières auxquelles ils devaient assister. Mais il nous a aussi parlé de l'entraide qui régnait parmi les déportés. Par exemple, il leur arrivait de sortir de nuit pour apporter du pain aux malades dans les infirmeries. »

Cette conférence a été donnée face à un public très attentif et respectueux. A la fin, tous les élèves se sont levés pour aller saluer l'homme qui a souffert pour leur patrie. « Je suis fière de lui et de tous ceux qui se sont battus pour la liberté de notre pays. Je leur suis sincèrement reconnaissante. », admet Manon, aussitôt rejointe par Kenza et Inès.

En guise de conclusion et de ses yeux vifs et pétillants, Bernard Bouveret a balayé la salle d'auditoire et, d'une voix trahissant son émotion, a demandé à tous « de ne pas baisser les bras ». Un appel reçu 5 sur 5 par les 105 élèves présents ce jour-là.

Pour en savoir plus sur la vie de Bernard Bouveret, vous pouvez consulter l'ouvrage « Le rendez-vous des Sages », rédigé par Gisèle Tuaillon-Nass.


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