Hebdo 25 Haut-Doubs


Une saison électrique.

  • Un spectacle aussi beau que dangereux.
  • Un spectacle aussi beau que dangereux.
  • Les grêlons causent d'énormes dégâts.
On a souvent parlé entre nous du temps qu'il fait mais actuellement, le sujet est ... électrique !

Le ciel s'illumine et gronde tous les jours, un peu partout en France et dans le Doubs notamment. D'intensité plus ou moins forte, avec ou sans grêle, ils sont le régal des amoureux de ces temps chaotiques et le cauchemar des agriculteurs et des brontophobes (phobiques des orages.). Et pour ces derniers, malheureusement, les prévisions ne sont pas au beau fixe.

"Il s'agit d'un épisode orageux remarquable", admet monsieur Vermot-Desroches, chef du centre Météo France de Besançon. "Une telle activité n'avait pas été enregistrée depuis une vingtaine d'années. En mai, il y a eu 23 jours d'orages en Franche-Comté. Alors que certaines zones ont été épargnées, d'autres secteurs ont été durement touchés."

C'est le cas du canton de Nozeroy, situé dans le Jura. D'impressionnantes vidéos montrant des coulées de grêle avaient secoué le net le 30 avril dernier. De très importants dégâts avaient été occasionnés dans les champs des agriculteurs du secteur. C'est le cas notamment de Mathieu Chauvin dont 110 hectares de son exploitation, qui en compte 115, ont été détruits. Impossible pour lui et ses confrères durement touchés de moissonner et récolter le foin. Toujours au même endroit, des toits avaient été percés par les violentes chutes de grêlons. Ces dernières ont également occasionné des dégâts sur les communes de Glamondans ou encore de Chaux-les-Passavant, pour ne citer qu'elles. A Avoudrey, le 6 juin dernier, c'est une maison qui a pris feu après que la foudre se soit abattue dessus.

Pourquoi tant d'instabilité ?

Monsieur Vermot-Desroches évoque « un anticyclone des Açores qui brille par son absence ». En effet, ce formidable réchauffeur d'atmosphère nous boude carrément, laissant ainsi l'air glacé d'altitude se frotter à l'air chaud qui remonte de la terre. Leur rencontre provoque de l'énergie considérable et de la vapeur d'eau qui se change en gouttes pour former un nuage plutôt inoffensif : le cumulus. Mais plus il grossit, plus il se charge en eau et en énergie. Il se développe alors en hauteur, et devient très épais, ce qui lui donne sa couleur noire spécifique : c'est le cumulo-nimbus. D'un diamètre d'un kilomètre, sa hauteur peut avoisiner les 10 kilomètres. Il se charge alors en électricité statique et c'est le coup de foudre assuré ! Les éclairs viennent alors frapper le sol ou bien, se dispersent dans les nuages. Quant aux grêlons, ils se forment au sein-même des nuages et leur taille dépend du temps passer à l'intérieur du cumulo-nimbus et à osciller encore l'air très froid d'altitude et l'air plus chaud du bas du nuage. En faisant ainsi le yo-yo,il grossit progressivement sous l'effet des vents ascendants puis, lorsque ceux-ci faiblissent, les grêlons chutent, provoquant les dégât que nous déplorons aujourd'hui. « Vous pouvez savoir le nombre d'allers-retours effectués par le grêlon dans le nuage en comptant les stries présentes à l'intérieur du grêlon. », précise monsieur Vermot-Desroches.

Amélioration en vue ?

Pas vraiment. L'anticyclone des Açores ne semble vraiment pas décidé à nous rendre visite. « Tant qu'il ne viendra pas réchauffer l'air d'altitude, nous connaîtrons toujours ce déséquilibre entre le haut et le bas. Et pour le moment, ça ne semble pas d'actualité. Cependant, nous n'avons une vision que sur dix jours. Il pourrait nous surprendre ! »


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